C’est une controverse venue de France qui concerne l’écrivain québécois, Thélyson Orélien.
Une rumeur est partie des médias sociaux voulant que Thélyson Orélien ait écrit son dernier livre C’était ça ou mourir, un immense succès, avec l’intelligence artificielle (IA).
Le feu, que dis-je l’incendie, est pris depuis.
Je dois dire : j’ai moi-même lu ce roman cet été. J’ai été touché par cette histoire d’exil, d’Haïti vers le Québec. Et aussi par la plume imagée d’Orélien.
Orélien est acclamé partout depuis, interviewé par le New York Instances, traduit en plus de 20 langues et adoubé dans la patrie de la littérature : la France. Il est en lice pour remporter les prix les plus prestigieux de la littérature : Médicis, Décembre, Femina, Renaudot et même le Goncourt.
Jusqu’ici tout allait plus que bien.
Jusqu’à la rumeur de lundi : un compte X, alors inconnu, nommé « Steadiness ton Claude » – en référence à « Steadiness ton porc », le #moiaussi français sur les accusations d’inconduites sexuelles – a allégué que le livre aurait été écrit par l’IA.
Sa preuve ?
Une machine de détection de l’IA, nommée Pangram, succesful de distinguer l’écriture
humaine de l’artificielle, estime que le livre est « presque intégralement écrit par l’intelligence artificielle » (je cite le message dénonciateur sur X).
Une douche de doute a alors été jetée sur l’écrivain.
Saine prudence
Avant de continuer, la maison d’édition qui le publie en France, Grasset, parle de « pretend information ».
Des écrivains disent ne pas croire ces allégations. Un écrivain me fait valoir que des auteurs testent ces machines de détection d’IA, et découvrent que leurs livres écrits avant l’IA sont soupçonnés d’écriture artificielle.
Un autre, en revanche, me dit que le logiciel de détection utilisé est l’un des plus fiables. Et le weblog d’Orélien semble avoir été mis hors service.
Bien sûr, le succès apparel toujours la jalousie. Et certaines personnes sur les médias sociaux sont bien contentes d’amplifier la controverse vu ses origines, vu sa couleur de peau, vu son histoire.
Présomption d’authenticité
Vrai ou fake ? Je n’en sais rien. Mais cette affaire nous fait basculer dans une nouvelle époque.
Remark un écrivain peut-il répondre à de telles allégations ? Pratiquement unattainable.
Orélien a beau avoir réfuté mardi toute utilisation de l’intelligence artificielle dans la rédaction de son roman, le mal est fait.
Tout ça ressemble à une nouvelle forme de cancel tradition, où les dénonciations sont remplacées par l’IA, où tout déboule très vite, où la présomption d’authenticité disparaît dans le doute.
Parce que le doute s’installe inévitablement. Pour l’écrivain accusé. Et pour chaque livre. Et à drive d’instiller le doute partout, on en viendra à ne plus rien croire. Finira-t-on par arrêter de lire si nous soupçonnons toujours l’IA ?
Déjà cette dénonciation lancée en l’air diminuera ses possibilities de remporter les grands prix à sa portée.
L’IA nous chamboule. On n’est plus dans un cas : ma parole contre ta parole. Ma vérité contre ta vérité.
On est devant ce nouveau dilemme : la parole de la machine IA contre celle de l’auteur humain.